Ça : chapitre 2 – critique (ça part en vrille)

Bonsoir tout le monde
Comme d’habitude, je vous propose une petite critique vidéo (avec une petite intro…..) de la deuxième partie concernant le club des ratés obligés de revenir à Derry 27 ans après pour affronter le clown définitivement. Le tout est bien entendu suivi d’une critique rédigée

Adapter un roman est souvent quelque chose de difficile. Peter Jackson aura réussi à nous faire rêver avec sa trilogie adaptée de Tolkien mais mêmes si les films sont bons, ils ne sont pas la copie identique des romans. Je pense que les réalisateurs se focalisent avant tout sur la forme en omettant le fond. En effet, même une adaptation peut avoir son identité propre (et tant mieux). Une identité qui viendra compléter celle du matériel d’origine. C’est peut-être ça une adaptation : deux oeuvres qui ne ressemblent pas forcément mais qui se complètent.

On a tous frémi devant Tim Curry (impeccable en Pennywise) dans le téléfilm de Tommy Lee Wallace en 1990. Depuis, on se demandait qui allait avoir le courage de reprendre le flambeau tout en essayant de conserver l’objectif de l’oeuvre de Stephen King. Sachant qu’il n’était pas question de faire mieux que le téléfilm mais de proposer un film avec sa propre identité.

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Il aura fallu attendre plusieurs années avant de voir Andy Muschietti désigné comme réalisateur du “remake”. Le pari était de taille et il faut reconnaître que Ca chapitre 1 était plutôt plaisant.

Deux ans après, Muschietti achève son oeuvre en nous livrant le chapitre 2 attendu depuis la première partie. Un chapitre qui a force de vouloir trop gonfler, fini par exploser comme un ballon.

Il faut d’abord reconnaître une chose, le casting. J’avais beaucoup d’appréhension concernant celui-ci au fur et à mesure que les noms d’acteurs étaient dévoilés : James Mcavoy, Jessica Chastain, Bill Hader, James Ranson, Jay Ryan, Andy Bean, Isaiah Mustafa. Même si ce choix n’est pas parfait, j’ai plutôt aimé le fait que les acteurs adoptent les mêmes mimiques que leur personnage enfant. Ainsi, je salue la performance de Jay Ryan (ma plus grosse crainte) qui malgré son physique de beau gosse photoshopé, arrive à habiter le personnage de Ben Hanscom.

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Je ne vais pas passer tous les acteurs en revue mais toutefois, je regrette le choix de James Mcavoy qui malgré son talent ne m’a guère convaincu. J’avais le sentiment à chacune de ses apparitions de voir Professeur Xavier (X-Men) avec toute la misère du monde sur les épaules pour sauver les mutants. Son plus gros défaut étant ici d’être presque inexpressif. Sensé interpréter un personnage central de l’histoire, James Mcavoy n’habite pas Bill Denbrough. Il se contente de “faire” le personnage mais à aucun moment je n’y ai cru. Aucune émotion, un visage neutre, des expressions forcées. Un homme qui a oublié le passé (et donc la mort de son frère Georgie ???). Un personnage qui reçoit un appel (Mike Hanlon qui lui demande de revenir à Derry) qui a l’air de plus le faire chier que de le traumatiser.

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C’était la force du téléfilm dans sa deuxième partie. Des personnages qui avaient oublié un passé qui lui, ne les avait pas oublié. Je revois encore l’acteur Bill adulte recevant le même coup de fil et pris d’une crise de panique, se mettant à suffoquer, à pleurer…. Autant vous dire que pour James Mcavoy, c’est tout le contraire. Pourtant, quand James Mcavoy tente de faire du Bill Denbrough, on a envie d’y croire mais c’est trop tard.

La faute à un métrage trop long ? Non mais plutôt la faute à un métrage très mal découpé, complètement en dents de scie. Tout s’enchaîne comme les pages d’un catalogue. On pourrait se dire “tant mieux, on ne voit pas le temps passer” mais c’est tout le contraire. Cet enchaînement (parfois illogique) est mal maîtrisé, manque de transitions qui auraient pu être importantes, significatives et avoir un sens.

Je repense à cette séquence où Bill Denbrough (adulte) s’adresse à un enfant (qui lui dit entendre des voix le soir chez lui) en lui ordonnant de quitter Derry, de convaincre ses parents de partir de cette ville (félicitation si vous arrivez à faire déménager vos parents avec une phrase du genre “Maman, papa, j’entends des voix dans le siphon du lavabo, il faut partir”) .

Mais pourquoi ne pas avoir consacré une petite scène à ce jeune skateur (qui a l’air plus effrayé par Bill que par les voix qu’il entend) ? Une scène où l’on aurait pu s’identifier à ce petit garçon et en savoir plus

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Je repense aussi à cette scène où l’on découvre le “secret” de Ricchie (enfant). Une scène bien amenée mais rapidement expédiée (alors qu’il y avait un bon point de départ).

Muschietti prend pourtant le temps de poser son intrigue mais on a le sentiment qu’il tente d’emboîter des pièces et non de les assembler.

La faute aussi à une mécanique répétitive : un personnage, un flashback, une situation et une action. Le même schéma se répète pour tous les personnages.

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La faute à un humour présent mais mal placé et mal dosé. Un humour qui vient complètement désamorcer les scènes de tension sensées nous faire peur.

La faute à l’utilisation des flash back qui permettent d’étirer l’intrigue sur sa longueur mais non sur son contenu. Oui, parce que le problème est la aussi : alors que dans le téléfilm les flash back rassemblaient la bandes des ratés et les confrontaient à une menace commune, ici c’est tout l’inverse. A croire que Muschietti est adepte du proverbe “diviser pour mieux régner” ou plutôt “rassembler pour mieux séparer”. A de rares moments nos personnages sont ensemble, réunis et ne formant qu’un. Le scénario trouve toujours un prétexte pour les séparer.

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Les effets spéciaux n’aident pas non plus à ressentir la peur de nos personnages car ils sont tout simplement loupés. La palme d’or revenant à la scène où Bev retourne chez elle et rencontre la vieille dame. Concernant les jumpscares, la musique à le défaut d’être trop présente, désamorçant ici l’effet de sursaut et de surprise.

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Et que dire du drame totalement absent du film ? Je parle de l’aspect dramatique et non de l’aspect horrifique. Le drame aussi bien présent dans le roman que dans le téléfilm. Le drame généré par la perte d’un être proche, la peur de grandir et de ne pas assumer le passage à la vie adulte. Le drame généré par des retrouvailles qu’on ne peut maîtriser. Car même si le roman de King s’apparente à un roman “d’horreur”, c’est avant tout un roman dramatique et initiatique où il est question de pureté, d’innocence et de peur.

Toutefois, je vous rassure, Muschietti sait faire preuve de quelques bonnes idées. La scène ou Bill rachète sa bicyclette et propose au vendeur (interprété par Stephen King) de lui signer son livre (ce à quoi le vendeur répond non car la fin de l’histoire est loupée) est vraiment marrante. C’est un joli clin d’oeil aux romans de King dont les fins sont souvent “bâclées”

La scène d’introduction avec Adrian (présente dans le roman) est vraiment brutale (sans être gore).

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Les puristes pourront ne pas apprécier le rituel de Chud (présent dans le roman) sur sa forme mais même si ce passage est maladroitement traité et un peu raté, il a le mérite d’être présent.

Au final, Ca Chapitre 2 à le mérite de boucler la saga mais pas de la meilleure façon qui soit. La faute à une écriture maladroite où l’on sent que l’auteur sait ce qu’il fait mais qu’il n’est pas en possession des bon outils. Alors que la première partie avait été rédigée par trois scénaristes, ce chapitre 2 n’en compte qu’un seul. La première partie avait été conçue pour être autonome au cas où le film n’aurait pas été rentable. Muschietti a donc forcément dû concevoir cette dernière partie à partir de ce qu’il avait fait dans la première.

Pour conclure, Ca n’est pas un mauvais film mais il passe à côté de toutes les principales thématiques qui constituent la base du roman et permettent la construction des personnage, de l’histoire mais aussi…….du lecteur.

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